STARS A LA BARRE

Ma vie entre des meurtriers et des policiers». Le métier d’avocat n’est pas toujours une sinécure… Pour preuve, «Cinglée» où Barbra Streisand est inculpée de meurtre Pour éviter le procès qui la condamnerait, sa famille et son conseil tentent de la faire passer pour folle Mais «la cinglée» ne l’entend pas de cette oreille et c’est l’ouverture d’un procès préliminaire qui doit déterminer ses capacités mentales. Ce film dépeint de manière tout à fait réussie les moeurs des prétoires américains et montre l’acharnement d’un avocat d’abord confronté à l’hostilité de sa cliente. Pour la défendre, il doit réveiller en elle de douloureux souvenirs et passer outre son agressivité, ses insultes et c’est souvent le cas, les rapports qui se nouent entre l’accusée et son conseil dépassent rapidement le cadre professionnet La relation la plus étonnante est celle de «La poison». Paul Braconnier (Michel Simon) vit avec une mégère qui lui rend l’existence impossible. Il se rend alors chez un ténor du barreau, Maître Aubanel, qui vient de fêter son centième acquittement et l’interroge de façon suffisamment adroite pour pouvoir trucider sa femme en toute impunité. Avec un dossier (et un meurtre) aussi parfait, l’avocat plaide facilement la cause de son client et le fait relaxer. «Suisje un salaud parce que je défends un salaud?» Telle est la question que se pose Gérard Depardieu dans «Rive droite, rive gauche», de Philippe Labro. Avocat d’un puissant industriel, il couvre les magouilles de ce dernier qui, en retour, lui verse de confortables honoraires. Jusqu’au moment où il décide de faire éclater la vérité. En filigrane. le problème est de savoir, ici, si un avocat doit avoir les mêmes opinions que son client pour le défendre. Alan Dershowitz, spécialiste des causes désespérées, apporte un début de réponse dans «Le mystère von Bülow », de Barbet Schroeder. Rien, et en tout cas certainement pas ses modestes origines, ne le prédestinait à prendre la défense de Claus von Bülow, aristocrate condescendant et peu sympathique aux yeux de l’avocat. Malgré leur vision de l’existence quelque peu divergente, Dershowitz va défendre de manière brillante son client.
Dans cette multitude de films consacrés à la justice, signalons également que de nombreuses institutions sécrètent leurs propres tribunaux. L’armée bien sûr, avec sa fameuse cour martiale, dépeinte par Otto Preminger dans «Condamné au silence», et même l’Eglise, comme le rappelle «Le nom de la rose», de JeanJacques Annaud. La reconstitution historique est aussi très en vogue, du «Jugement de Nuremberg», de Stanley Kramer, au « Procès de Jeanne d’Arc» (qui a donné lieu à plus d’une dizaine d’adaptations). Mais quel que soit le lieu ou l’époque, du «Retour de Martin Guerre» (une magnifique illustration de la justice du Moyen Age) au procès spatial de Superman, il s’agit à chaque fois de la même histoire. Celle de la lutte entre le Bien et le Mal, avec la vérité comme enjeu. Un combat éternel qui ne manquera pas d’inspirer encore bien des studios et des cinéastes… flanqués de leurs avocats d’affaires, bien sûr!

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